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Partages d’expériences, de difficultés, de fruits cueillis sur les chemins. Ainsi nous contribuons à l’édification de chaque UN.

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Le 16e degré - le Serpent -

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prof Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:29


Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:31

Chantou :

Le Serpent...sagesse...énergie à maîtriser?? A vos plumes....

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:32

Fleur de Lys :

Le serpent se dépouille, l'une après l'autre, des peaux qui émanent de lui-même, ainsi l'Ego, au cours de
son pèlerinage évolutionnaire, émane de lui-même un corps après l'autre, puis s'en dépouille comme le serpent de
ses peaux, une fois que ces corps se sont durcis, affaissés et cristallisés de manière à perdre leur efficience.

le serpent est le symbole de la sagesse : le Serpent ou le Scorpion et l'Homme. Avant de devenir aigle, le serpent doit se trainer dans la poussière; richesses à venir en gestation, il faudra qu'il s'élève verticalement; la kundalini, encore une fois on y revient!

Le fait que le serpent a son dard dans la tête, et le Scorpion dans la queue présente une différence significative en occultisme, mais pour le présent, nous considérons ces deux cas comme n'en faisant qu'un.
Le type mental du Scorpion, figuré par l'aigle, est pensif, discret, porté vers un idéal élevé, d'une conduite fière, digne, il sait toujours garder la parfaite maîtrise de lui-même. Très réservé, il ne demande pas conseil aux autres.
L'autre type est entièrement différent: il est trompeur, rusé, dissimulé, impossible à déchiffrer; sensuel et rancunier, jaloux et passionné, il a une langue très acérée et un caractère très emporté.

le serpent dit à la femme: Dieu vous a-t-il dit, "Vous ne mangerez d'aucun Arbre du Jardin?", la régénération du serpent en aigle , voila l'objectif auquel nous devons parvenir.

Le serpent dit: "Vous ne mourrez sûrement pas, car Dieu sait bien que le jour où vous aurrez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme les dieux, vous connaîtrez le bien et le mal".

le serpent de la sagesse. Graduellement, il est élevé de plus en plus haut, et lorsqu'il atteint le corps pituitaire et la glande pinéale dans le cerveau, il les met en vibration, ouvrant les mondes spirituels et permettant à l'homme d'entrer en communication
avec les Dieux. Alors ce feu irradie dans toutes les directions et imprègne tout le corps et son atmosphère aurique, alors l'homme est devenu une pierre vivante dont l'éclat surpasse celui du diamant ou du rubis. IL est alors La Pierre Philosophale".

le personnage tient le serpent dans sa main gauche; maitrise de celui-ci?

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:34

Michèle :

Ce personnage qui a l'air content de lui, parce qu'il tient fermement un serpent dans sa main gauche (je rappelle pour ceux qui ne seraient pas encore au courant que tout ce qui a trait au membre supérieur gauche m'intéresse actuellement ;o))) m'inspire la satisfaction de celui qui maîtrise son désir de connaissance (serpent à l'origine de la tentation). Il ne le tue pas mais le domine de sorte que l'accumulation de biens intellectuelles (de savoirs) ne l'occupe pas au point de passer à côté... Un connaissant n'est pas forcément un homme détenant toutes les connaissances, ni même un grand nombre... Adam était un homme de lumière et le serpent l'a égaré en lui faisant miroiter les fruits de l'arbre de la connaissance, il lui a compliqué sa vision des choses. La course aux mystères peut aussi nous égarer sur le chemin du retour... La tentation est toujours présente d'en savoir plus (quitte à payer pour ouvrir chakras ou autre...). Servons-nous du serpent mais tenons le fermement.

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:34

Fleur de Lys :

actuellement, pour la plupart d'entre nous, nous vivons le serpent dans sa phase matière; il rampe sur la terre; ombre des choses à venir qui sont présentes en nous et qui ne demandent qu'à parvenir à leurs floraisons.

le serpent doit s'élever verticalement; c'est notre force créatrice et nous sommes aussi cette force; il ne faut pas la combattre; on ne peut combattre la force créatrice, on ne peut la tuer; ce serait alors nous tuer nous-mêmes; c'est aussi représenté par un dragon : Michel ne tue pas le dragon, mais le maîtrise!

la vivre sur un échelon supérieur; non par la renonciation, mais en la vivant en énergie de transfomation, dans une élévation en octave .

le serpent est la fameuse kundalini de l'orient; plus simplement c'est en nous la force divine de pure création; actuellement nous vivons celle-ci sur un échelon inférieur de la matière pour créer un autre être vivant par l'union avec notre contraire; mais en cette énergie les deux forces sont aussi présentes; le serpent doit nous conduite à la régénération, au mariage spirituel, à la fin des opposés et aussi de la dualité.

TOUT EST EN NOUS!

le serpent représente aussi l'elixir des Rose-Croix.

le coté gauche représente les sentiments; le personnage tient le serpent dans son bras gauche; il nous dit de pouvoir amener nos sentiments à la maîtrise; ce n'est qu'une fois avoir vécue, dans tous ses retranchements cette force, que l'on peut alors la vivre sur un échelon supérieur et non en y renonçant, mais en la vivant d'une manière différente.

les vibrations ainsi vécues seront bien supérieures, ceci n'est pas un simple concept de mots, ; lorsque l'on parle d'extases chez certaines personnes comme pendant la prière ou la méditation, c'est déja une forme supérieure de vivre notre propre énergie de vie; imagine un peu lorsque celle-ci anime tous nos centre spirituels, la félicité ressentie et surtout ce que nous pouvons apporter aux autres personnes. Attention le but n'est pas la félicité sur un plan supérieur, mais le service, la vérité et de vivre notre véritable nature qui est lumière!

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:36

Chantou :

L'intelligence jaillissante.... il est dit de préserver la tête du serpent, de ne pas l'écraser...peut être est ce en rapport avec notre propre tête...préserver l'esprit, le sens intelligent humain, celui qui évite de commettre bien des erreurs.........la sagesse quoi!!!

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:39

Chantou a écrit:Chantou :

L'intelligence jaillissante.... il est dit de préserver la tête du serpent, de ne pas l'écraser...peut être est ce en rapport avec notre propre tête...préserver l'esprit, le sens intelligent humain, celui qui évite de commettre bien des erreurs.........la sagesse quoi!!!

Chantaloup :

Oui le serpent protège sa tête comme nous devons protéger la nôtre. Mais on ne nous parle pas ici de notre tête physique. Qui est à notre tête sinon le Christ. C'est cette énergie en nous que nous devons protéger des coups de l'adversaire.
De plus le serpent sait se régénérer. Il ne mange plus jusqu'à ce que sa peau devienne molle. Ensuite il cherche un passage étroit entre les pierres et y laisse derrière lui son ancienne peau. C'est ce que nous devons faire nous aussi. A chaque étape nous devons nous transformer en laissant derrière nous nos tuniques de peau...


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Ptite Pe
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prof serpent

Message par Jean de Mareuil le Dim 5 Mar - 19:40

[

bonsoir Ptite Perle

heureux de voir que tu aies pu faire du texte ce dimanche; clindoeil

Mais il me semble que tu as "oublié" beaucoup de textes pour le serpent? as-tu fini? va voir le texte complet sur Esomyst dans les fichiers

bisous kis

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Jean de Mareuil
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:40

Michèle :

Ce personnage qui a l'air content de lui, parce qu'il tient fermement un serpent dans sa main gauche (je rappelle pour ceux qui ne seraient pas encore au courant que tout ce qui a trait au membre supérieur gauche m'intéresse actuellement ;o))) m'inspire la satisfaction de celui qui maîtrise son désir de connaissance (serpent à l'origine de la tentation). Il ne le tue pas mais le domine de sorte que l'accumulation de biens intellectuelles (de savoirs) ne l'occupe pas au point de passer à côté... Un connaissant n'est pas forcément un homme détenant toutes les connaissances, ni même un grand nombre... Adam était un homme de lumière et le serpent l'a égaré en lui faisant miroiter les fruits de l'arbre de la connaissance, il lui a compliqué sa vision des choses. La course aux mystères peut aussi nous égarer sur le chemin du retour... La tentation est toujours présente d'en savoir plus (quitte à payer pour ouvrir chakras ou autre...). Servons-nous du serpent mais tenons le fermement.

Chantaloup :

Le personnage tient en effet le serpent dans sa main gauche. Il agit. Il est dans l'action. Le Faire
C'est pour cette raison que ce degré se nomme le Serpent ou l'intelligence agissante.
Les membres supérieurs permettent par l'action de passer du conceptuel au réel. L' "être"
peut ainsi s'exprimer par le "faire" ou le "non faire" ( dans le cas d'une fracture par exemple...!!! la tentation était trop forte ! )
Après l'Elephant représentant l'intelligence réceptive qui nous demandait d'étudier et de méditer sur nos études, le Serpent représente lui, l'intelligence active et nous demande de mettre en pratique mais pas n'importe quoi ni n'importe comment...car comme tu le soulignes il ne faut pas confondre intelligence et capacité d'accumuler du savoir...


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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:46

Fleur de Lys :

actuellement, pour la plupart d'entre nous, nous vivons le serpent dans sa phase matière; il rampe sur la terre; ombre des choses à venir qui sont présentes en nous et qui ne demandent qu'à parvenir à leurs floraisons.

le serpent doit s'élever verticalement; c'est notre force créatrice et nous sommes aussi cette force; il ne faut pas la combattre; on ne peut combattre la force créatrice, on ne peut la tuer; ce serait alors nous tuer nous-mêmes; c'est aussi représenté par un dragon : Michel ne tue pas le dragon, mais le maîtrise!

la vivre sur un échelon supérieur; non par la renonciation, mais en la vivant en énergie de transfomation, dans une élévation en octave .

le serpent est la fameuse kundalini de l'orient; plus simplement c'est en nous la force divine de pure création; actuellement nous vivons celle-ci sur un échelon inférieur de la matière pour créer un autre être vivant par l'union avec notre contraire; mais en cette énergie les deux forces sont aussi présentes; le serpent doit nous conduite à la régénération, au mariage spirituel, à la fin des opposés et aussi de la dualité.

TOUT EST EN NOUS!

le serpent représente aussi l'elixir des Rose-Croix.

le coté gauche représente les sentiments; le personnage tient le serpent dans son bras gauche; il nous dit de pouvoir amener nos sentiments à la maîtrise; ce n'est qu'une fois avoir vécue, dans tous ses retranchements cette force, que l'on peut alors la vivre sur un échelon supérieur et non en y renonçant, mais en la vivant d'une manière différente.

les vibrations ainsi vécues seront bien supérieures, ceci n'est pas un simple concept de mots, ; lorsque l'on parle d'extases chez certaines personnes comme pendant la prière ou la méditation, c'est déja une forme supérieure de vivre notre propre énergie de vie; imagine un peu lorsque celle-ci anime tous nos centre spirituels, la félicité ressentie et surtout ce que nous pouvons apporter aux autres personnes. Attention le but n'est pas la félicité sur un plan supérieur, mais le service, la vérité et de vivre notre véritable nature qui est lumière!

Chantaloup :

Nous devons pour être Homme atteindre la verticalisation en effet. Pour ce faire ces degrés expliquent étape par étape le travail que chaque homme et femme avons à faire.
Oui, mais il existe deux serpents. N'oublions pas le tentateur.... ce serpent fuit devant l'homme nu nous dit-on ?
Que représentent-ils en nous ? Comme tu le dis se sont nos sentiments. Le viel homme que nous sommes doit se dépouiller de sa peau et deposer son venin avant d'aller boire à la source et le serpent maléfique fuira pour laisser la place à l'autre Serpent celui de l'intelligence agissante.


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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:48

Fleur de Lys :

Il faut aussi qu'un autre serpent se fasse dans la colonne vertébrale et celui-ci se fait par des exercices spirituels.

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 19:49

Fleur de Lys :

Il faut aussi qu'un autre serpent se fasse dans la colonne vertébrale et celui-ci se fait par des exercices spirituels.

Chantaloup :

Oui bien sûr et c'est de celui-là qu'il s'agit lorsqu'on parle de l'autre Serpent.
Le serpent Tentateur (qui est en nous) , fuit devant l'homme nu ... Hors pour être NU il faut être UN .L'inversion des lettres nous montre également une certaine énergie renversée, transformée.
Et nous sommes UN lorsque les deux énergies de la dualité (en nous) sont réunies en épousailles.
En fait il s'agit du même Serpent avant et après transformation.
C'est pour cette raison que Jésus-Christ représente également un Serpent...


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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Dim 5 Mar - 20:11

Je finirai de transférer dès que je pourrai ...

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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Mer 8 Mar - 23:52

tiré du livre "les oraisons du serpent"


Dans le Jardin d'Éden, le Serpent ne s'adresse nullement à Ève mais à Isha, la femme créée d'Adam, mais non d'une côte mais de son côté : “ WaYiqah ‘Achat Mitsale'otayw” Et donc, hvhy se saisit d'un côté d'Adam, le côté féminin, l'Épouse de l'Androgyne car ylo (Tsela') est le côté, ce côté qui va donc être révélé à Adam. Cette théorie avait été reprise et développée en son temps par François Lenormant dans son ouvrage inachevé, Les origines de l'histoire d'après la Bible et les traditions des peuples orientaux. Selon Lenormant, la traduction des Septante et de la Vulgate du verset 21 du chapitre II de la Genèse est fausse et il faut lire côté au lieu de côte et ainsi, le premier représentant de l'humanité aurait été créée avec une nature double, mâle et femelle, et la naissance d'Ève lors du sommeil d'Adam signifierait le dédoublement par section de l'Androgyne primitif.

L'Épouse Isha [hsa] est aussi le Feu, Esh [sa] et donc LA Feu !!!

D'où le baptême du Feu Secret donné aux ophiens et dont nous reparlerons plus tard.

L'Adam est créé mâle et femelle et ceci nous est bien révélé par les noms Ish [sya], l'homme, et Isha [hsa], la femme. L'homme possédant le Yod divin, lettre du Tétragrammaton, lettre masculine par essence alors que la femme possède le h (He) Divin, lettre faisant également partie du nom divin, mais lettre d'essence féminine. Il nous faut toutefois préciser selon les termes de Paul Evdokimov ("La femme et le salut du monde", Paris, 1958) : "Ces deux mots, masculin et féminin, ne se limitent donc point à l'_expression de la sexualité. Ils symbolisent deux aspects complémentaires ou parfaitement unifiés, de l'être, de l'homme, de Dieu".


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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:05

Chantaloup:

L'Homme créé au 6ème jour de la Genèse est incapable de déceler en lui cet "autre côté" femelle tant il lui est confondu.
Alors Dieu dit: "Coupé de lui-même, Adam ne peut s'accomplir, faisons une aide
( son face à face capable de communiquer avec lui )"

Dieu fait alors venir devant Adam les énergies-animaux qui sont en lui et qui joueront à sa place s'il ne les prend en main et ne les domine pour en constituer son Nom

Dans cette 1ère étape de travail Adam n'atteint pas la totalité de lui-même; il ne découvre pas la pleine dimension de cette "aide" (`Ezer ) que Dieu lui a promise.

Ce mot `Ezer joue avec celui de Zer`a qui signifie "semence".

L'"aide" contient la "semence", le Germe du Nom, et la communication avec lui-même sera totale lorsque Adam entrera en contact avec cette grande profondeur de son être. C'est pourquoi
" Dieu le fait tomber dans un sommeil et il s'endort",
trois termes qui traduisent la descente au plus profond, au plus "antique" d'Adam , à son Orient !

Dieu montre ainsi à Adam la totalité de son autre côté, côté "ombre" jusqu'à sa "source"

Adam voit son pôle femelle et le potentiel inouï de son futur accomplissement. cet autre pôle est aussi appelé Adamah en tant que mère des profondeurs de qui il naîtra au fur et à masure qu'il la "travaillera" et fera oeuvre mâle en elle. En elle aussi, il prend contact avec sa "semence", son Nom-Germe, le noyau de son être, le Verbe qu'il est en puissance et qui , avec son esprit, est appelé "Chair" (Basar) )
"Dieu scelle la chair dans les profondeurs"

Adam contient en Basar l'unité du Verbe et de l'esprit; l'esprit étant la puissance de l'éros qui lui permettra ses épousailles avec lui-même pour faire croître le Verbe. Et cela concerne l'Arbre de la Connaissance mais aussi ses épousailles avec Dieu et également l'Arbre de Vie.

La Chair est d'origine et de vocations divines. Elle n'est pas à confondre avec le corps; ce dernier la célèbre quand l'Homme est entré dans sa résonnance à elle.

Dans le texte biblique Adam est entré en résonnace avec la Chair et il est émerveillé et jouit d'une extase initiatrice sans laquelle il ne pourrait faire le chemin demandé.

Mais maintenant Adam doit commencer le chemin. Il sait qu'il est deux; lui l'époux 'Ish , et son "autre côté"; lui et celle qu'il doit épouser et qui , nommée Adamah en tant que Mère, est en cette fonction d'épouse appelée 'Isha . 'Esh est le feu 'Isha est la feu ! la matrice d'eau à ce nouvel étage d'épousailles devient matrice de feu. En elle 'Ish doit épouser 'Isha pour se verticaliser afin de devenir Verbe.

Au départ du chemin, Adam sait qu'il est deux, que ces deux sont nus, c'est à dire qu'ils connaissent la loi du chemin, et qu'ils ne sont plus confondus. C'est dans cette perspective que l'ordre ontologique du Créé présente l'Adam androgyne.

Les épousailles commencent donc et Adam pénètre son 'Isha dans les 1ères énergies de cet "autre côté de lui"; ce sont les animaux adversaires, ceux qui se tiennent sur l'autre versant de son être, qui constituent 'Isha et peuplent l'inaccompli; ils ont une vie autonome, une âme-groupe animale, celle avec laquelle Adam était "confondu" avant que Dieu ne le différencie de 'Isha, mais ils sont appelés à être dominés par Adam par étapes successives.

Et chaque animal nommé , dominé et retourné est une information qui construit l'Arbre de le Connaissance.

La "peau "de l'animal (`Or) devient "lumière" ('Or) jeu de mots non moins signifiant de cette admirable transmutation.

Ayant intégré cette lumière-connaissance, Adam accède à une terre nouvelle -du sec-, un champ de conscience autre. C'est alors qu'il est visité de Dieu et que la sève de l'Arbre de Vie jaillit......Cette sève est "le fleuve un" qui dans sa part la plus éloignée de son origine, se nomme Phrat "ce qui fleurit" discrètement de l'Arbre de vie en l'Homme le plus inconscient soit-il, et sans lequel il ne pourrait vivre.

Si Adam image de Dieu est 'Ish pour son 'Isha intérieure, en archétype Dieu est 'Ish pour Adam qui se révèle 'Isha de Dieu
Mais l'ordre ontologique est brisé tout à coup car au milieu de ces animaux qui se dressent devant Adam pour que, de leur puissance dominée et intégrée, il construise son Nom, arrive le serpent. Cet adversaire -un des aspects du satan- connaît lui aussi le chemin de l'Homme. Jaloux de lui, dit la Tradition, il n'entend pas laisser Adam aller plus loin.

Il séduit 'Isha; il séduit tous les animaux: jouissance,vanité, possession, impatience,volonté de puissance (cheval,lion, taureau, onagre, tigre , etc..) Tous se laissent prendre. Adam dans son esprit, n'est plus encordé au noyau de son "être" et ne "garde" pas comme il en avait reçu l'ordre, son 'Isha qui se laisse épouser par l'adversaire et lui donne tout pouvoir sur elle. Elle prend le fruit qui a toutes les apparences du fruit mûr dans la ressemblance à Dieu; le donne à Adam qui le mange et se croit devenu totalement accompli. Il n'a donc plus de regard pour celle dont la fonction était d'être cultivée par lui, épousée par lui et de le faire naître à lui-même jusqu'à l'accomplissement total.

Il se retrouve donc avec elle dans l'état de confusion initial, avec ses animaux intérieurs qui désormais vivent leur autonomie et jouent à sa place, sans qu'il le soupçonne. Etat où il est recouvert de "tuniques de peau" (l'inconscient)

Chaviré à l'extérieur de lui-même, il n'est plus qu'animal parmi les animaux...
'Isha est remplacée par Eve, femme extérieure.

Rejetés Adam et Eve sont l'humanité de ce monde que nous connaissons , faite d'hommes et de femmes qui s'accouplent pour continuer la race, dans un espace-temps tout à fait étranger à celui que décrit l'ordre ontologique...

Tiré du livre d'Annick de Souzenelle : Le Féminin de l'Etre chez Albin Michel

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:07

Le Veilleur:

- le serpent : La signification symbolique du cobra dans l’art égyptien est associé de façon très forte à la religion. Durant l'Antiquité Egyptienne, les forces dangereuses étaient vénérées soit pour gagner leur bonnes grâces, soit pour vaincre les ennemis. C'est la raison pour laquelle le serpent fut vénéré sous forme de différentrs divinités.

Les artisans égyptiens représentèrent souvent le serpent en Egypte comme une déesse protectrice, symbole de la vie divine et de l’ordre.

En tant que Ouadjet, le cobra est la déesse de Bouto, l’ancien sanctuaire du Delta. Sa « contrepartie » est le vautour, symbole de Nekhbet, déesse de Nekhen ou Hierakonpolis, ancien sanctuaire de la Haute Egypte (le vautour et le cobra deviendront les symboles de l’unification du pays). Ces deux déesses furent considérées comme des protectrices et des gardiennes des peuples des deux « contrées ». A travers les temps, le cobra restera en Egypte un symbole puissant de protection royale et divine.

L’importance du cobra est en fait expliqué dans le fameux « Papyrus Bremner-Rhind », texte remontant au 4ème siècle av.J-C. Ce texte contient deux versions du mythe de la création « héliopolitaine ». Dans les deux versions, Atoum créa Shou (l’air) et Tefnout (l’humidité) en « expectorant » ou en « se masturbant » à l’intérieur des eaux primordiales. Puis il envoya son oeil pour récupérer Shou et Tefnout. Quand son oeil retrouva et ramena « l’air » et « l’humidité », l’unité primordiale de la puissance divine fut atteinte. Cependant, l’oeil du démiurge devint enragé quand il s’apperçut qu’il avait été remplaçé par « un objet plus brillant que lui » : le soleil.

L’oeil se transforma de façon magique en cobra, puissance féminine (le hiéroglyphe utilisé pour décrire le serpent se terminant par un t, déterminatif féminin) servant à protéger les dieux et les rois contre les puissances des ténèbres dans le monde crée. Le dieu de la création apaisa l’oeil, devenu cobra, en le plaçant sur son front. La pacification du cobra marqua ainsi l’établissement de la monarchie, et le serpent devint le symbole de la protection et de l’unité de la royauté légitime.

Plus tard, Apophis sera l’ennemi serpent du dieu solaire qui incarne la menace continue de désordre pour le monde organisé.
Le serpent apparait donc à l’origine de la mythologie expliquant la création du monde.

Sur une fresque de la XXIème dynastie (Papyrus « De Herub »), on voit un serpent qui se mord la queue : c’est l’Ouroboros. Que signifie ce symbole ? Le serpent qui se mord la queue est l’emblème du monde, ou plus exactement de la perpétuelle rénovation de la nature. On trouve dans le premier livre des hiéroglyphes d’Horapollon : « Quand les Egyptiens veulent représenter le monde, ils peignent un serpent qui mord sa queue. Chaque année cet animal se dépouille et perd sa vieillesse; de même, dans le monde, chaque période annuelle rajeunit en opérant un changement ».

On peut lire dans un texte égyptien traduit par G.Maspéro ceci : « le dieu Râ avec sa barque passe à travers le corps et les entrailles de ce serpent.... Le serpent qui fait peau neuve, chaque année, et semble ainsi renaître de lui-même, est indiqué pour jouer le rôle d’entrepôt de la vie divine ».

Oscar Pfouma dans « Histoire culturelle de l’Afrique » nous apprend qu’Atoum a été représenté en une forme particulière d’Ouroboros : un serpent à cinq têtes se mordant la queue. L’image sert à illustrer la multiplicité d’essences du dieu. Puis il cite un texte égyptien : « Je suis Tum, celui qui a fait le ciel, le créateur des choses qui y sont, qui sortent de terre; qui fait venir à l’existence les graines ensemencées, le seigneur des choses qui seront; qui donne naissance aux dieux; je suis le grand dieu qui se fait lui-même.... Je suis dans le ciel, dans la terre, dans l’eau, dans l’air, je suis dans les animaux, dans les plantes; dans le ventre, avant le ventre, après le ventre, partout ».

Dans le chapitre 175 du Livre des Morts, on peut lire que: « Cette terre retournera à l’eau primordiale, au flux infini qui fut son premier état. Je (Atoum) demeurerai avec Osiris après m’être transformé en un autre serpent que les hommes ne connaissent pas et que les dieux ne voient pas ». Prenons l’explication de Erik Hornung : « Seuls Atoum et Osiris sont capables de reprendre la forme durable, originale du serpent, c’est à dire la même forme-ou plûtot absence de forme-que l’ennemi éternel des dieux, Apophis, puissance du chaos; on retrouve ce symbole dans l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, la non-existence régénérante qui encercle le monde. Ici, le serpent demeure, mais le monde qu’il enserre s’enfouit dans l’eau primordiale et disparait avec les dieux et tous les êtres vivants : retour à la situation d’avant la création ».

Citons un autre passage du Livre des Morts : « L’âme pénétrera dans le corps du serpent par la queue, qui est dirigée du côté des ténèbres et sortira par sa gueule, qui est toujours du côté de la lumière ». Selon Albert Champdor, l’âme, après avoir traversé le Serpent, symbole de l’éternité et de la réincarnation, acquiert de nouveaux pouvoirs magiques.

Terminons ce chapitre en disant que des momies de serpents ont été trouvées dans les nécropoles thébaines; il s’agit de serpents divinisés, nommés Pa-neb-ânkh « les maîtres de la vie ».



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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:08

Le Veilleur :

Serpent, reptile dont on a fait le symbole du mensonge, de l'astuce et de l'envie, mais aussi l'emblème de la prudence et de la séduction. C'est sous la forme du serpent que le démon tenta Ève dans le Paradis terrestre. Dans l'ancienne Égypte, le serpent entourait la tête d'Isis, le sceptre d'Osiris, le corps de Sérapis. Dans la mythologie grecque et romaine, des serpents arment le fouet des Furies et forment leur chevelure; ils entourent le caducée de Mercure / Hermès.
Le serpent était l'attribut d'Esculape / Asclepios, dieu de la médecine, et d'Hygie, déesse de la santé, parce que, changeant de peau tous les ans, il rappelait le malade entrant par la santé dans une nouvelle vie. Un serpent sur un trépied marquait l'oracle de Delphes, sans doute en souvenir de Python, tué par Apollon à Delphes. Pour les Chrétiens, le serpent est l'image de l'esprit malin; il est représenté vaincu au pied de la croix, ou foulé sous les pieds de la Vierge immaculée. Un serpent qui mord sa queue est le symbole de l'éternité. On rencontre également le serpent dans le cérémonial et le symbolisme des sectes gnostiques dites des Ophites. (B.).



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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:20


Le Veilleur :


=> La symbolique chrétienne


D'après le Père Michel Sales : "Du serpent qui donne la mort et du serpent qui donne la vie"

Sans être pléthorique, la figure du serpent est une pièce maitresse de la symbolique chrétienne, dont on a coutume, à tort, de ne voir que l'aspect négatif. Dans le christianisme, en effet, le symbolisme ophidien n'est pas seulement 1ié au mal, au péché, à la mort. II connote tout autant l'idée d'une victoire définitive du bien sur le mal et du triomphe final de la vie sur la mort. Symbole foncièrement ambivalent, le serpent se rattache ainsi au triple thème de l'épreuve, de la mort et de la vie.

Le serpent qui donne la mort.

Du livre de la Genèse jusqu'à l'Apocalypse de Jean, la figure du serpent surgit partout où l'Adversaire de Dieu soumet l'homme à l'épreuve de la foi. Dans l'épreuve, l'homme est tenté de ne plus reconnaître le Dieu créateur qui lui a donné la vie pour ce qu'Il est : un Amour qui non seulement donne à sa créature d'être, mais qui désire également Se communiquer à elle. Le mode de la tentation, c'est le doute jeté au coeur de l'homme et qui ébranle sa fidélité, puis le soupçon qui fait vaciller toute confiance. Dans le récit biblique de l'épreuve et de la chute d'Adam et Eve (Genèse III,1-7), le serpent sert de véhicule à la parole tentatrice du Mauvais. II est l'organe de l'Ennemi de Dieu, qui, parce qu'il est l'ennemi de Celui qui veut le bien de l'homme, est de ce fait ennemi de l'homme lui-même. II est l'instrument de Celui qui " dès l'origine, fut un homicide " , " qui ne s'est pas maintenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui " et qui, lorsqu'il dit des mensonges, " les tire de son propre fond, parce qu'il est menteur et père du mensonge " (Jean VIII, 44).
On notera toutefois que le serpent tentateur de la Genèse n'a rien des monstres terrifiants que nous présentent certaines cosmogonies du Proche ou de l'Extrême-Orient. C'est une simple créature, comme tous les autres animaux des champs que Dieu a faits (cf.Gen. III, I). Mieux : comme le fait remarquer saint-Augustin dans son exégèse littérale de la Genèse, il ne faut voir dans le serpent tentateur qu'un animal ordinaire dont se sert le démon. " Le serpent, écrit-il, a été appelé le plus avisé, c est-à-dire le plus astucieux de tous les animaux en raison de l'astuce du diable qui, en lui et par lui, ourdissait ses ruses. De même, on dit qu'une langue est avisée ou astucieuse, quand un homme avisé ou astucieux la meut en vue de persuader quelqu'un... On parle encore d'une plume mensongère : or, la faculté de mentir n'appartient qu'à un être doué de vie et d'intellligence. On parle pourtant d une lutte mensongère, parce que le menteur s'en sert pour mentir. II en serait de même si l'on disait que ce serpent était menteur, parce que le diable se servirait de lui pour mentir, comme l'écrivain de sa plume". Et Augustin d'ajouter : " J'ai pensé qu'il fallait insister sur ce point, afin que nul ne se figure que les animaux sans raison ont une intelligence humaine ou soient soudain changés en animaux raisonnables et ne tombe ainsi dans l'opinion ridicule et funeste de la transmigration des âmes, qui passeraient de l'homme dans la bête ou de la bête dans l'homme. Le serpent parla donc à l'homme, comme l'ânesse sur laquelle était assis Balaam parla à l'homme (Nombres, XXII, 28) ; la seule différence est que dans un cas le prodige est l'oeuvre du diable, dans l'autre l'oeuvre d'un ange. " (De Gen. ad Litt., XI, XXIX, 37. Tr. P Agaësse.) I1 est difficile de pousser plus loin la démythologisation du serpent.
Sans doute n'est-ce point sans une logique profonde que le diable, "le menteur", se sert dans son entreprise de l'animal des champs le plus nu, le plus à découvert, celui qui dans son être apparemment ne cache rien. La "nudité" du serpent renvoie à la nudité innocente et à la transparence du couple originel, auquel elle ne peut qu'inspirer confiance. Le verset qui précède l'intervention du serpent est justement celui-ci : " Tous deux étaient nus, l'homme et la femme, et ils n'avaient point honte " (Gen. II, 25). Là est la "ruse" inscrite dans le corps du serpent, dont le diable va tirer partie : apparaissant comme le plus dévoilé, il est en réalité le plus dissimulé. I1 paraît le plus exposé, alors qu'il est le plus caché, si bien que la femme ne saurait soupçonner derrière sa (fausse) promesse de vie (" Vous ne mourrez pas ") une parole qui conduit à la mort en détournant l'homme de la Source de Vie. Satan emprunte de préférence les figures qui dissimulent ce qu'elles montrent, celles-là mêmes qui se dissimulent en se montrant. Le diable n'est jamais plus présent que lorsqu'il réussit à faire oublier qu'il existe. Dans le Journal des Faux-Monnayeurs, A. Gide notait qu'il ne se cache jamais aussi bien que dans les explications qui le relèguent au rang des hypothèses gratuites et inutiles : " Satan ou l'hypothèse gratuite, ça doit être son pseudonyme préféré.
"Le récit de la Genèse se termine cependant sur la prophétie de la victoire de la race humaine sur le serpent. Dieu dit au serpent: " J'établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t'écrasera la tête et, toi, tu la viseras au talon. " (Gen.III,15.) Pour bien comprendre ce texte, il faut inverser les termes de la prophétie : le serpent mordra 1'homme au talon, mais I'homme lui écrasera la tête. Autrement dit,1'épreuve reviendra, la chute aussi peut-être, symbolisée par la morsure du serpent. Mais la blessure faite par le serpent ne sera pas mortelle, et, par la foi au Sauveur,1'homme anéantira 1'antique serpent. C'est la joie de cette victoire qu expriment les disciples de Jésus lorsqu au retour de leur mission ils s écrient :Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. " Ce que Jésus confirme en leur déclarant : "Je voyais Satan tomber du ciel comme 1'éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler au pied serpents et scorpions, et toute la puissance de l'Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. " (Luc. X,18-19.)

Le serpent qui donne la Vie.

A côté du serpent comme symbole de la mort, il y a dans la foi chrétienne le serpent comme symbole de la vie.
Celui-ci apparaît dans un épisode du Livre des Nombres, qui est une sorte de résumé de l' histoire du Salut apporté par Dieu aux hommes (Nb. XXI, 6-9). Les Hébreux, cheminant dans le désert vers la Terre Promise, sont pris de découragement et de doute. Dans l'épreuve, ils parlent contre Dieu et contre Moïse. Alors, poursuit le texte, " Dieu envoya contre le peuple les serpents brûlants et ils mordirent le peuple : beaucoup moururent du peuple d'Israël. Le peuple vint vers Moïse et ils dirent : " Nous avons péché, car nous avons parlé contre Dieu et contre toi. Intercède auprès de Dieu pour qu'il éloigne de nous les serpents. Moïse intercéda pour le peuple et Dieu dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une hampe : quiconque aura été mordu et le verra, il vivra ! " Moïse fit donc un serpent d'airain et le plaça sur la hampe. Or, si l'un des serpents mordait un homme et que celui-ci regardait vers le serpent d'airain, il vivait.

" Méditant sur ce texte, le livre de la Sagesse (Sag. XVI ,5-14) en donne le sens spirituel. Les serpents brûlants sont comme des " coups d'aiguillon envoyés par Dieu au moment où survient la tentation de se détourner de Lui, pour suivre la voie du soupçon, des murmures, de la révolte. La morsure des serpents est ici comme la "morsure" de la conscience, ou plutôt de la mémoire : le souvenir cuisant de l'expérience originelle de la première morsure et du premier serpent doit rappeler au peuple la Loi qui seule peut donner la Vie, de peur que les Hébreux ne tombent dans un profond oubli et ne retombent à nouveau dans le piège tendu par le diable. Quant au serpent d'airain, c'est, pour l'auteur de la Sagesse, " un symbole du Salut ", et non une amulette protectrice. Celui qui se tournait vers lui était sauvé précise-t-il, non par l'objet matériel qu'il voyait mais par Dieu lui-même. La précision est d'importance si l'on ajoute qu'il y eut en Israël, jusqu'à Ezéchias, un culte du Nekhoushtan (serpent d'airain), auquel les fils d'Israël offraient de l'encens. Le second livre des Rois loue Ezéchias, fils d'Achaz, d'avoir mis en pièce ce serpent, devenu une idole ou une amulette alors qu'il avait pour fonction de rappeler au peuple qu'il doit mettre toute sa confiance en Dieu seul (2 Rs XVIII, 4-6).

"Ce n'est pas une herbe médicinale qui a soigné tes fils mordus par les serpents brûlants, mais ta Parole, Seigneur, qui guérit tous les hommes ; car Toi, tu as pouvoir sur la vie et sur la mort, tu conduis aux portes de l'Hadès et tu en ramènes, tandis que 1'homme tue dans sa méchanceté, mais il ne fait pas revenir l'esprit qui est parti et ne libère pas l'âme qui a été ravie. " (Sag. XVI, 14.)

Pour la Sagesse, le serpent d'airain est le symbole de la Parole de Dieu qui donne la vie, parole à la fois créatrice et rédemptrice. L'Evangile de Jean se situe dans cette veine sapientielle, mais il va plus loin. Pour lui, le serpent d'airain est la figure prophétique de la Parole de Dieu, du Verbe, mais du Verbe fait chair donnant sa vie sur la Croix pour que tout homme qui se tourne vers lui et croit en lui ait la Vie éternelle. Ainsi parle Jésus au pharisien Nicomède venu l'interroger dans la nuit : " Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'Homme soit élevé afin que quiconque croit ait en lui la vie éternelle. " (Jean. III,14.) Le serpent d'airain n'est qu'une figure du Fils de Dieu sauvant le monde sur le bois de la croix où il est apparemment réduit à la nudité et à l'impuissance, ressemblant au ver (substitut du serpent) plutôt qu'ayant figure d'homme, a fortiori de Dieu tout-puissant (cf. Ps.XXII, 7). Il est le " serpent " qui donne la vie par sa confiance et son obéissance au Père, Maître et Ami de la Vie, et se présente comme l'anti-type de l'antique serpent " (Gen. III, 163 et Apoc. XII, 19) qui, par la désobéissance et le soupçon, avait introduit la mort dans le monde.

Conclusion
Le christianisme n'exclut pas la figure centrale et ambivalente du serpent, mais il la démythologise pour traduire à travers sa symbolique profonde le combat intérieur qui doit conduire l'homme à la vie ou à la mort spirituelle.

Le serpent n'est pas une figure fantastique, aux proportions monstrueuses et envahissantes. C'est un animal des champs que Dieu a créé. Rien de plus significatif, à cet égard, que la petite anecdote rapportée à la fin des Actes des Apôtres lorsqu'après une terrible tempête, Paul et ses compagnons se retrouvent sains et saufs sur l'île de Malte. Là, ils sont fort bien reçus par les habitants qui ont allumé un grand feu, car il faisait froid. " Paul avait ramassé une brassée de bois mort et la jetait dans le feu, lorsque la chaleur en fit sortir une vipère qui s'accrocha à sa main. A la vue de cet animal qui pendait à sa main, les autochtones se dirent les uns aux autres : " Cet homme est certainement un assassin, il a bien échappé à la mer, mais la justice divine ne lui permet pas de vivre. " Paul, en réalité, secoua la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal. Eux s'attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort ; mais, après une longue attente, ils constatèrent qu'i1 ne lui arrivait rien d'anormal. Changeant alors d'avis, ils répétaient : " C'est un dieu ! " (Act. XXVIII, 3-6.)

On aura noté, au passage, combien les païens sont enclins à mettre un peu partout la puissance divine, bénéfique ou maléfique. Ce sont eux, au contraire du chrétien Paul, qui survalorisent de manière superstitieuse le pouvoir du serpent et surinvestissent le sens de sa présence. Est-ce à dire que Paul, et la foi chrétienne avec lui, ignorent ou sous-estiment la puissance spirituelle qu'évoque cette figure chez les païens ? Non. Mais celle-ci doit être située ailleurs que dans le simple animal des champs qui suggère son existence. Cette puissance, d'autre part, n'est pas un destin inéluctable. Elle surgit dans le coeur de 1'homme qui peut s'y laisser asservir ou au contraire la dominer par la confiance en Celui qui est le Maître absolu de la mort et de la vie. On touche là, en dernier ressort, au mystère de la liberté humaine ce jardin secret où chacun écoute et acquiesce à la séduction du serpent qui donne la mort ou au salut du serpent qui donne la vie.




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Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:21



=> Misère et grandeur du serpent d'après les données de la Bible


Par le Doyen Marc Lods

1ère partie
Selon les données des Ecritures, le serpent apparaît comme un animal nuisible à 1'homme. Il est antipathique :

a) à cause de son aspect rampant et fuyant et de son caractère de mangeur de poussière (Ge. 3,14 ; ES. 65, 25 ; Mi. 7,17) ;

b) à cause de son venin mortel.

Le serpent est bien connu d'abord chez les nomades ; il vit dans les lieux arides du désert (Nb. 21, 6 ; Dt. 8, 15, etc.). Il devient le symbole de toute puissance hostile à 1'homme. Ennemi né des êtres humains (Ge. 3,14-15), il est souvent envoyé par Dieu pour les punir par ses morsures (Dt. 32, 24 ; Am. 5,19 ; 9, 3 ; Ec. 10, Cool. Dans ce rôle, il apparaît parfois comme un serpent " brûlant " (saraph) (Es.14, 29 ; 30, 6).

Il prend des aspects souvent mythiques : il est non seulement nahash (serpent en général), rémèsh ou zohelet (reptile), mais encore tannin (drag,on ou monstre), saraph (serpent brûlant ou seraphin , ou serpent volant, ou serpent de mer - le monstre de Jonas), ou il porte les noms antiques de Leuiathan ou de Rahab.

Il devient ainsi 1'image et le type de l'adversaire personnifié de Dieu, un des noms de Satan ou du Diable. Ce caractère n'est pas spécifiquement biblique : dans bien des religions, le serpent est le symbole du chaos primordial contre qui luttent les dieux bons afin d'organiser le monde, notamment à Babylone, si proche de la Bible, Tiamat représentant la Mer du chaos initial, devenant le Tehôm (Abîme) de Gen. 1, 2 et autres passages.

Souvent, d'ailleurs, des religions païennes ont affirmé qu'il fallait craindre le grand Serpent et même lui rendre un culte pour se le rendre favorable.

C'est ainsi qu'apparaît dans la Bible le Serpent tentateur de Genèse 3, fourbe, intelligent, se faisant passer pour le messager du Créateur. C'est lui qui est en premier, responsable de la chute de 1'homme (certains pères ont dit que le Serpent avait vaincu Adam non seulement par sa parole, mais par son venin (Cyprien, De opere et eleem.1).

Le serpent a des sectateurs, serpents aussi ; ce sont les méchants qui attaquent leurs semblables (Ps.140, 4 ; Jc 26,13 ; Jer. 46, 22 ; Mi. 7,17). Le Nouveau Testament parle des disciples de Satan comme "race de vipères" (Jean-Baptiste Mt. 3, 7 ; Lc. 3, 7 ; Les Pharisiens, Mt 23, 33 ; cf. Mt.12, 34).

2ème Partíe :
Malgré la sévérité de ces jugements sur le serpents les auteurs bibliques reconnaissent à 1'ennemi des hommes des qualités :

Il est "prudent", selon 1a parole de Jésus (Mt.10, 16).
Son venin même peut être utilisé comme contre-poison ; ce qui est reconnu déjà dans le paganisme ("caducée" d'Echmun en Phénicie et d'Asklépios en Grèce, etc.).

D'une manière plus générale, le serpent fait partie de la création de Dieu (création bonne), au même que les autres animaux (création du 6e jour, Gen. 1,24-25). Et Noé 1'accueille dans 1'arche comme les autres "âmes vivantes" (Gen. 6, 20).

Mais il y a plus. A un moment donné , Dieu, afin de sauver 1'homme déchu par suite de 1'entreprise du Serpent, a pris en quelque sorte le contre-pied de 1'oavre satanique ; il l'a retoumée ; il a utilisé le serpent diabolique en sens inverse du premier mouvement, c'est-à-dire pour le salut, et non plus pour la damnation. Le Serpent est devenu instrument de salut (instrument homéopathique !) pour les hommes qu'il avait d'abord séduits. (De même, les eaux dévastatrices ont été utilisées par Dieu qui en a fait des eaux fertilisantes, pour la vie et non plus pour la mort.) Il y a donc un retour sur la malédiction prononcée sur le serpent en Genèse 3,14.

C'est 1'histoire mystérieuse du serpent d'airain de Nb. 21 : dans le désert où séjournent les Israélites, le serpent est à 1'oeuvre ; il mord et tue les hommes. C'est alors que Dieu fait dresser par Moïse sur une perche un serpent ; et quiconque porte son regard sur lui est guéri. Le serpent est neutralisé par le serpent. Mieux que cela, le serpent devient 1ui-même instrument de salut pour l'homme ; on à cause de ses facultés thérapeutiques, cette fois, mais par une décision mystérieuse de Dieu.

Cette idée, émise au sein de la tradition juive, a abouti dans le christianisme à son application à la personne de Jésus-Christ : la perche portant le serpent de bronze, c'est la croix du Christ " élevée afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle " (Jn. 3,14-15).

Le serpent, devenant ainsi malgré 1ui comme un collaborateur de 1'oeuvre rédemptrice du Christ :

a) perd de sa puissance : les disciples de Jésus ont le pouvoir de le mâter (Lc.10,19 ; Mc.16,18) ; et saint Paul a triomphé de la vipère (Act. 28, 3). Le serpent reste 1'incarnation de Satan, le grand Adversaire (le grand dragon, serpent ancien d'Apocalypse 12, 9 ;12, 15 ; 20, 5) ; mais il n'a plus son pouvoir sur les croyants, car Jésus-Christ 1'a pour de bon vaincu.

b) il perd aussi de son caractère nuisible : selon Act. 10,12 ; 11, 6, saint Pierre apprend que, aux yeux de Dieu, aucun animal n'est a regarder comme impur, même pas les reptiles (herpéta). Et l'on savait déjà qu'au dernier jour, le serpent aura sa place dans la paix paradisiaque, ainsi que le loup et le lion (Es. 65, 25).

Il convient de reconnaître qu'il y a un mystère du serpent : incarnation de 1'Ennemi-né de Dieu, il devient participant, à sa manière, du salut du monde.



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Ptite Pe
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Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:22



=> L’Hindouisme et le symbole du serpent :


Il y a deux sources primordiales de la civilisation indienne : la civilisation de la vallée de l'Indus et la religion védique, En ce qui concerne la première de ces deux sources, nous la connaissons encore assez peu. Découverte accidentellement il y a soixante-quinze ans environ (en 1922/23), cette civilisation reste cependant un mystère. Toute tentative ayant échoué de déchiffrer l'écriture employée à Mohan-Jo-Daro et Harappa vers 3 000 ans avant J.-C., nous sommes condamnés à puiser nos renseignements à partir d'indices indirects. Parmi d'autres trouvailles, on a identifié des effigies qui semblent prouver l'existence du culte de Siva Pasupati et du rôle que le serpent y joue. Pourtant, 1es preuves étant à la fois indirectes et insuffisantes, une certaine circonspection est à conseiller à leur égard.

Quant à la religion védique, fort heureusement les renseignements sont riches et variés. Universellement reconnu comme le sommet même de l’hindouisme, c'est le Rg-Veda qui met en lumière ce que le serpent signifie pour les Aryens de l'Inde antique. Si Indra est le Deva par excellence du Rg-Veda, c'est son adversaire le serpent Vrtra qui s'incame,le démon le plus puissant de cette ancienne tradition. En effet, d'après le Rg-Veda (VIII. 89. 5), Indra est " né pour tuer Vrtra " et c'est pourquoi on l'appelle " Vrtrahan " ou tueur de Vrtra. Il importe de comprendre ce que Vrtra symbolise.

Déjà l'étymologiste Yâska, un prédécesseur du Bouddha, était intrigué par ce Vrtra. Selon Yâska, on peut approcher ce problème soit du point de vue des étymologistes (Nairuktas) ou soit de celui des historiens (Aitihasikas). Généralement traduit comme " nuage ", le sens étymologique de Vrtra est assez clair : " celui qui couvre, la fermeture, l'obstacle ou la résistance ". Effectivement, on accuse Vrtra d'avoir bloqué l'espace entre le ciel et la terre. Cet espace (anrariksa-/oka) entre le ciel (Dyu-loka) et la terre (Bhur loka) étant le monde d'Indra. Vrtra devient une menace pour la souveraineté d'Indra. Autrement dit, Vrtra en tant que nuage, bien loin de verser de l'eau, sert plutôt à la renfermer, à l'empêcher de couler sur la terre. Et ce fait représente encore une autre façon de s'opposer à Indra dont le monde se distingue par l'élément d'eau.

Par contre, s'appuyant sur des matériaux contenus dans les Védas, les historiens considèrent Vrtra comme un démon serpent possédant le pouvoir surnaturel du Maya, une force magique tantôt bienveillante, tantôt malfaisante. Selon la tradition, les eaux primordiales étaient retenues dans les vallées des hautes montagnes. C'est Vrtra qui s'allongea autour de ces montagnes, bloquant leurs issues et, ainsi, empêchant les eaux de couler vers la terre. Fortifié par le soma (le nectar) et encouragé par les autres Devas, Indra attaqua Vrtra et un combat dur en suivit. Vrtra réussit à faire repousser les premières attaques d'Indra. Finalement, c'est Vishnu qui descendit près d'Indra et lui indiqua la position favorable pour tuer Vrtra. Cette fois-ci, Indra frappa avec son vajra (massue d'éclair) Vrtra sur la nuque et ensuite lui fendit la tête. Vrtra mort, les eaux libérées avancèrent vers la mer comme des " vaches mugissantes ".

Derrière cet exploit guerrier d'Indra se cache un sens profondément métaphysique et même cosmique. Rg-Veda (VI. 24. 5) est formel sur le point que, grâce à la victoire sur le serpent Vrtra, l'être (sat) est sorti du non-être (asat). La destruction de Vrtra eut lieu au lever du soleil, un événement qui marque la création de l'aube et par conséquent la distinction même entre la nuit et le jour. Puisque la nuit et le jour, avec l'aube comme leur trait d'union, symbolisent le temps, la mort de Vrtra donne naissance au temps et ainsi crée l'une des présuppositions de toute création. Comme trophée de victoire, lndra reçut le soleil, c'est-à-dire le royaume de lumière, le monde des Adicyas. Quelquefois, on lie la destruction du serpent Vrtra avec la séparation de la terre et du ciel et avec la création (plutôt libération) des montagnes. Qu'il ne s'agit pas ici d'un simple événement mythologique, ceci est prouvé par le fait qu'on implore Indra de tuer son adversaire de nouveau dans l'avenir et même dans le passé. Puisqu'il est impossible de tuer un être qu'on vient de détruire et qu'il est encore moins possible de l'anéantir dans le passé, il est évident que la lutte contre le serpent dissimule un phénomène transcosmique dépassant la dimension du temps, rompant même avec le caractère irréversible du temps passé. En effet, c'est dans le Mahabharata que ce combat acquiert des dimensions cosmiques. Selon cette épopée, Indra dut se préparer pendant 25 000 années pour sa lutte et le combat lui-même dura 35 000 années. II est clair que cette lutte contre le serpent possède une

importance symbolique exceptionnelle pour l'esprit hindou et il n'y a rien d'étonnant qu'encore dans les Puranas des écrits tardifs créés entre 400 et 1200 ans après J.-C, on revienne sans cesse à cet exploit. Vrtra incarne tout d'abord et surtout le désordre universel. Puisque ce serpent transcosmique constitue le chaos primordial, il menace de causer la sécheresse sur la terre et la famine pour les hommes et les bêtes. Le combat contre Vrtra signifie la lutte perpétuelle de l'être contre le non-être, de la lumière contre l'obscurité, de l'immortalité contre la mort.

Ayant évoqué le rôle essentiellement négatif que la religion védique/visnuïte attribue au serpent, il convient de se rappeler ce que cet être " sans mains ni pieds" signifie pour la deuxième des plus importantes tendances spirituelles de l'Inde. Notons, tout de suite, que le Sivaïsme considère le serpent comme un être bienfaisant et ceci devient transparent aussitôt qu'on étudie la fameuse doctrine de la Kundalini. Selon cette doctrine, la réalité suprême s'appelle Adi Siva (Siva primordial). Cette réalité est Eternelle, Infinie et Ineffable. Cette réalité primordiale est seule et unique. Tout être, quelle que soit sa nature, se trouve à l'intérieur de cette réalité infinie. L'Adi Siva désireux de jouer le jeu cosmique se manifeste en deux aspects primordiaux : Siva et Sakti. Siva représente la transcendance universelle : Sakti incarne l'immanence universelle. Siva constitue la conscience universelle ; Sakti exprime la réalité infinie, à l'intérieur du jeu cosmique, ils se trouvent dans un état de séparation. Toute la souffrance de l'existence, toute la douleur de la transmigration résulte de ce divorce entre Siva et Sakti. Il s'ensuit qu'annuler ce divorce entre Siva et Sakti et les ramener à l'état d'union (yoga) mettrait fin à toute misère de l'existence et nous aiderait à atteindre notre salut spirituel.

Rappelons ensuite le fait que le Sivaïsme, en tant que l'une des plus importantes expressions du tantrisme pan-indien, repose sur une certaine philosophie du corps humain. Le corps humain, insiste le tantrisme, est l'image même de l'univers et l'univers tout entier se trouve symboliquement à l'intérieur du corps humain. Par conséquent, maîtriser le corps humain veut dire maîtriser en même temps l'univers tout entier, connaître le corps humain signifie en même temps connaître l'univers tout entier. Les yogas tantriques, y compris le plus connu d'entre eux, c'est-à-dire le Hatha Yoga, visent à une connaissance, maîtrise et équilibre du corps humain afin d'atteindre par ceci une connaissance, maîtrise et équilibre de l'univers entier.

Je viens de relever deux formes du Sivaïsme : la réalité infinie avec Siva et Sakti comme ses deux aspects primordiaux ; ensuite, le corps humain en tant que l'expression vivante de cette réalité infinie. De ces deux fondements découle la conclusion inévitable que Siva et Sakti devraient se trouver à l'intérieur du corps humain. S'il faut croire les adeptes du tantrisme, Siva se trouve dans la région cérébrale et Sakti à la base de la colonne vertébrale. Cependant, Sakti, divorcée de Siva, est condamnée à l'état du sommeil. C'est Sakti endormie à la base de la colonne vertébrale comme un serpent lové que le tantrisme appelle la Kundalini.

En ce qui regarde l'homme devenu un esclave de la transmigration, Siva et Kundalini occupent respectivement les deux extrémités du torse humain : le cerveau et la base de la colonne vertébrale. Afin d'atteindre son salut spirituel, il faut qu'on arrive à réveiller la Kundalini, ce serpent lové, et à lui faire épouser Siva dans la région cérébrale. Ce parcours de la Kundalini traverse six centres (chakras) principaux et un certain nombre de centres mineurs avant de s'achever dans l'union avec Siva, dont le siège est symbolisé par un lotus aux mille pétales (Sahas rara) dans le cerveau humain.

Nous venons de dégager la position fondamentale des deux tendances primaires de l'Hindouisme à l'égard du serpent. Si, pour le Sivaïsme, le serpent est une puissance salutaire, l'antagonisme est indéniablement l'attitude originelle du Visnuïsme concernant les Nâgas.

Le Mahabharata témoigne des cruels sacrifices des serpents et de leur destruction en masse dans l'incendie de la forêt de Khandava. Garuda, le Seigneur des oiseaux, est un adversaire sans pitié des serpents. En fait, à l'époque Rg-védique, le cheval et la vache sont des animaux chers aux Aryens. C'est ainsi que Vishnu se déplace dans un char en or tiré par 90 chevaux qui ont chacun 4 noms différents. Chacun de ces 90 chevaux symbolise un jour et leurs 4 noms désignent les 4 saisons, ce qui nous donne une année solaire de 360 jours. Mais justement, c'est Vishnu qui préside au royaume solaire des Adicyas. Et c'est précisément dans cette optique qu'on comprend le rôle néfaste qui est attribué au serpent dans la plus célèbre fête solaire de l'Inde, le fameux Kumbha Mela : c'est Râhu, un démon-serpent, qui menace d'avaler le soleil. L'Atharua-Veda contient de nombreuses formules magiques destinées à faire exorciser les serpents et le trait majeur de ces mantras est un appel au cheval blanc de Pedu (Paidua), qui est connu comme un tueur de serpents. Tous ces faits nous amènent à croire que, derrière cette haine implacable du serpent, se dissimule la lutte acharnée pour la maîtrise de l’Inde entre les Aryens visnuïtes et les Dravidiens sivaïtes.

D'autre part, c'est déjà vers l'époque du Mahabharata que débutèrent les efforts de réconciliation entre les Visnuïtes et les Sivaïtes. Parmi d'autres mutations, on peut constater une modification sensible dans l'attitude du Visnuïsme vis-à-vis du serpent. C'est ainsi que l'art hindou révèle Vishnu reposant sur le serpent cosmique Ananta (ou Sésa) qui porte, sur ses mille têtes le monde pendant 1es résorptions cosmiques. Le mot " Ananta "signifie l'infini et dans divers écrits, il est utilisé en apposition même à Vishnu et à Siva. A mon avis, c'est le

serpent Ananta qui laisse se dégager des rapprochements assez intéressants avec la Kundalini. Ananta est un serpent et la Kundalini l'est aussi. Ananta possède mille têtes ; la Kundalini s'unit au lotus aux mille pétales. Si la fleur de lotus au nombre variable de pétales se manifeste partout sur le trajet de la Kundalini réveillée, ce même lotus est visible dans l'une des mains de Vishnu et Brahmâ est assis sur le lotus qui sort du nombril de Vishnu. On est donc ici devant au moins trois traits d'union : le serpent, le chiffre mille, et le lotus.

Et ceci nous encourage à remonter à l'époque védique et à y chercher davantage de parentés. C'est au début de notre exposé qu'on a établi l'opposition entre Indra/Vishnu et le Vrtra. Vrtra s'était allongé autour des montagnes et empêchait les rivières de couler sur la terre. Mais les chakras de la Kundalini sont situés le long de 1a colonne vertébrale qui symbolise le Mont Meru. Et la Kundalini - pour les Aryens védiques, "Vrtra" - s'est enroulée trois fois et demie précisément autour de la base de la colonne vertébrale, donc autour des pieds de la " montagne ". Ensuite, à l'époque Rg-Védique, la plus grande rivière est la Saraswati et elle est associée aux déesses Idâ et Shârati. Mais dans le Kundalini Yoga aussi on rencontre les trois " rivières " Idâ, Pingalâ et Susumnâ. Puisqu'on trouve le même nom" Ida " dans les deux triades, il est raisonnable d'identifier Pingalâ à Bhâratï et Susumnâ à Saraswati. Etant données toutes ces parentés assez frappantes, n'est-il pas raisonnable d'envisager la possibilité - du moins sous la forme d'une hypothèse digne d'un examen approfondi - que le combat contre Vrtra n'est qu'une expression extériorisée de la lutte de la spiritualité aryenne contre le Sivaïsme dravidien qui glorifie la " reine-serpent " (Sarva-râjni) Kundalini.

Ce sont les plus importants aspects de ce que le serpent symbolise pour les hindous. Détesté par les Aryens visnuïtes mais glorifié par les Dravidiens sivaïtes, le serpent est finalement devenu une force réconciliatrice au sein de l'hindouisme.


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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:24


=> Le serpent chez les Celtes et les Grecs


Par Jacques d'Arès

Je vais donc tenter de suppléer à l'absence de notes pour essayer de cerner les grandes lignes de ce que les Celtes ont pu considérer à travers cet animal qu’est le serpent, puis dire quelques mots sur la pensée des Grecs eux-mêmes en la matière.

En un sens, il est intéressant de parler des deux choses à la fois parce que, si l'on va au-delà des quelques points de détail, quelles qu'aient pu être les influences sur la Grèce, il est bien évident que les Grecs, d'une part, et les Celtes, d'autre part, ont eu en commun un fond extrêmement lointain, qui d'ailleurs ne leur est pas propre car pour ma part, je suis persuadé que ce fond commun englobe pratiquement toute l’humanité. Mais, souvenons-nous que, selon certains auteurs latins et grecs, Pythagore lui-même, qui est incontestablement l'un des maîtres à penser de l'Occident, est donné comme ayant été instruit par les druides. N'oublions pas que les Celtes, aux environs de 600 avant notre ère, sont allés à Delphes, c'est-à-dire à l'époque où les grands mystères étaient à peine dans leur maximum. Et l'on peut, peut-être, trouver quelques points de comparaison entre les deux conceptions.

Pour les Celtes, je crois que le serpent avait eu une importance primordiale ; mais, sur ces pièges, contre lesquels on nous toujours mis en garde, cette ambivalence permanente, je pense que pour les Celtes on peut donner quelques précisions, car il y a une particularité. I1 est constant, dans tous les symboles utilisés par les diverses religions, que l'on trouve, à l'analyse, une caractéristique dans un sens avec son opposé, parfois son complémentaire : ainsi, presque chaque symbole a une double signification.

Chose curieuse, chez 1es Celtes, il ne semble pas que l'on ait connu le serpent nuisible et méchant. Etant donné que nos pays celtiques sont, bien que n'étant pas des déserts, tout comme les pays du Proche-Orient, pleins de serpents en tous genres, et que, donc, les hommes de la préhistoire ou de la protohistoire ont très bien connu les serpents, on peut se demander ce qui a pu leur faire négliger le côté hostile, incontestable dans un animal qui attaque, qui est venimeux et qui peut être mortel, pour ne considérer qu'un caractère éminemment bénéfique.0n se pose alors la question : est-ce que, dans l'esprit des Celtes,1orsqu'i1s concrétisaient le symbole du serpent, i1s ne voyaient pas ce que nous appelons l'anguille ?

Ne faudrait-il pas voir, c'est une simple hypothèse, bien sûr,1a fameuse anguille des Atlantes car, enfin, chacun sait que c'est justement dans 1es pays celtes que les petites anguilles s'en vont vers la mer des Sargassespour revenir ensuite. Or, l'anguille, elle, n'a jamais été méchante. Par contre, cette anguille, tout comme le serpent, cette anguille a la particularité de sillonner, de vibrer. J'ai retenu tout particulièrement ce qu'on a dit à propos de ces serpents qui, n'entendant pas les bruits extérieurs, sont particulièrement sensibles à la vibration, surtout les vipères. Je verrai une confirmation dans le fait que le mot vipère, par une transmutation que tous les linguistes connaissent bien du p en b ou du b en p, c'est le même mot que vibration. Est-ce que, dès lors, il n'y a pas là, la clé de la compréhension des druides en ce qui concerne l'importance du serpent ?

Ce serpent, les druides l'appelaient le Nouivre qui, par suite de différentes transformations, deviendra la Guivre ou la Vouivre, encore connue dans quantité de traditions locales dans nos pays d'Occident. Il se transforme au cours des âges au point que la Guivre devient un être plus ou moins mythique, doué de pouvoirs extraordinaires ; on ne sait plus très bien si c'est un être ou un animal. Mais il faut remonter aux origines. Le Nouivre, pour les Celtes était tout simplement le cinquième élément.

Malheureusement, sur la civilisation celtique, nous disposons de très peu de textes et d'aucun texte authentique remontant à l'époque où 1es druides enseignaient, puisque cet enseignement se faisait exclusivement par tradition orale. Nous n'avons que des textes de seconde ou de troisième main, ou relativement récents et qui ont pu être, à bon droit, éventuellement influencés par 1es chrétiens qui ont été à l'origine de ces transcriptions. Nous n'avons pas de certitudes. Nous sommes donc obligés d'être très prudents dans nos conclusions, dans nos déductions. Mais il se trouve que toutes les traditions concordent. Les quelques textes, d'auteurs latins notamment, qui ont parlé des druides nous confirment que, pour eux qui étaient les Sages des Celtes, le serpent représentait véritablement la Lumière. Non pas au sens de la lumière physique, mais la lumière primordiale et, c'est en cela notamment que, au-delà des quatre éléments que nous connaissons et que les Celtes connaissaient très bien, ils en ajoutaient un cinquième, ce que d'ailleurs, à l'autre bout de la planète, la tradition chinoise a fait également.

Le cinquième élément est en quelque sorte l'élément intermédiaire entre le plan divin et le plan de la manifestation. Ce serpent n'est pas du tout la représentation de Dieu, mais il en émane directement. Il devient en quelque sorte créateur au sens d'un démiurge. Il anime la création, il l'organise. Il est donc, en même temps, l'instructeur et on peut comprendre alors qu'on le trouve sculpté sur certaines des pierres de Gavrinis. Gavrinis, incontestablement, est un des plus grands hauts lieux celtiques, je dirai même, à mon sens, le plus grand haut lieu avec, dans un tout autre ordre, Stonehenge. Gavrinis est extraordinaire, à la fois dolmen, allée couverte et tumulus. C'est-à-dire que l'on pénètre aux entrailles de la terre. Pour y faire quoi ? Toutes les traditions concordent à ce propos. C'est dans les entrailles de la terre que l'homme va chercher en quelque sorte l'étincelle qui va lui permettre de découvrir la lumière. On y va chercher la préfiguration de la Vierge Marie, Notre Dame, sous la forme de ce que sont restées, mais de ce qu'étaient déjà avant, pour les Celtes, la Vierge Mère, la Vierge Noire. Parce que, justement, comme à Chartres, c'est Notre-Dame-de-Dessous-Terre.

Et là, il faudrait immédiatement faire un rapprochement avec l'un des types de cette Vierge Mère - Terre Mère en même temps chez les Grecs. Je veux parler de Déméter. Quantités de représentations nous la montrent avec une tête entourée de serpents et Déméter se trouve dans des situations où ces serpents ont pour fonction d'être en quelque sorte les instructeurs des hommes. S'il s'agit d'instruire, i1 ne peut s'agir que d'un serpent bénéfique. Qui instruit ? - sinon Dieu par 1'intermédiaire du serpent.

(Je sais d'avance que nos pères ne vont pas être d'accord avec moi, j'ose espérer qu'ils ne penseront pas que je suis un hérétique ; je lance ceci comme une hypothèse de travail.) Je me demande si cet intermédiaire n'est pas, en préfiguration bien sûr, ce que nous connaîtrons avec l'incarnation du Christ, le Verbe.

Car, qu'est-ce-que le Verbe ? - sinon une vibration. C'est encore d'ailleurs la même racine, Dieu a créé le monde par son Verbe. C'est la vibration initiale, c'est l'ion initial, C'est cette vibration de la lumière. Saint-Jean ne nous dit-il pas que Dieu est, lui-même, Lumière et Vie, les deux étant, obligatoirement, intimement, liés.

Alors, ne faut-il pas songer à une influence mystérieuse ?

Comment se fait-il que la symbolique romane ait puisé l'essentiel de ses thèmes d'inspiration dans la symbolique celtique, plus précisément dans le serpent ? Car si, effectivement, on trouve le serpent de très nombreuses fois sur des menhirs, sur des dolmens, sous toutes sortes de formes, y compris celle du double serpent enlacé ressemblant exactement au caducée d'Hermès (il y en a un exemple découvert par Paul Le Cour sous la voûte, au-dessous du tumulus de Pornic), ce serpent, nous le retrouvons dans la symbolique romane avec des figurations qui sont presque semblables à certaines de celles que l'on trouve sur des monuments figurés celtiques ou gaulois.

Je m'explique. Cette Nouivre, ce serpent, puisque c'est un élément, c'est un concept. Mais l'homme, dans l'Antiquité, tentant de donner un nom à tout concept, dès lors qu'il est divin, donne un nom de divinité. Est-ce que cette divinité ne serait pas le dieu Lug des Celtes, le dieu Lumière qui a laissé son nom à quantité de nos noms de villes à commencer par Lyon, ou, également, une autre divinité, Ogmi ? Car Lug comme Ogmi, chez les Celtes, semble être exactement l'équivalent d'un Hermès chez les Grecs que, bien sûr, on baptisera Mercure. Là, c'est la trace de l'occupation romaine. Elle laissera quantité de noms de lieux, notamment en Gaule Mercure, Saint Michel Mont-Mercure et je ne sais combien d'autres sur lesquels on sait qu'il y avait des temples à Mercure, à commencer par le plus célèbre d'entre eux, vous le savez, au sommet du Puy-de-Dôme. Y a-t-il eu un lien de l'un à l'autre ? II y a peut-être simplement concomitance, comme dans quantité d'autres domaines. Mais Hermès chez les Grecs - comme dans 1a tradition hermétique qui englobe toutes les traditions méditerranéennes du début de notre ère - Hermès est considéré comme l'instructeur des hommes. Donc, nous retrouvons là le rôle imparti à la Nouivre chez les Celtes. Ogmi est représenté avec, sortant de sa bouche, des sortes de liens qui s'en vont vers les oreilles de ceux qui l'écoutent, et je pense que vous avez remarqué de nombreuses fois, et notamment dans nos basiliques romanes, ce thème sculpté sur de très nombreux chapiteaux : allusion très facile et très lumineuse à la transmission orale d'un Maître qui transmet à ceux qui écoutent, à ses disciples. C'est le Verbe transmettant la Connaissance. Nous sommes, ne l'oublions pas, dans le domaine religieux. Le Nouivre nous apparaît ainsi comme l'intermédiaire privilégié entre le Dieu inconnu (celui dont saint Paul parlera aux Athéniens) et le plan de la manifestation.

Un dernier mot à propos des Celtes et je tenterai d'enchaîner sur les Grecs à travers ce que je viens de dire, qui vient confirmer cette hypothèse de travail. La plupart des chercheurs font un rapprochement entre le Nouivre et une vieille tradition celtique très célèbre que je vais résumer en quelques mots. C'est la tradition du chaudron de Coridwen. Coridwen est une déesse celtique qui a, malheureusement à mon sens, été un petitpeu délaissée parce que considérée comme une simple sorcière, ce qui n'est absolument pas le cas à mon avis. Elle a le lourd travail de préparer dans son chaudron, qui est évidemment magique, le breuvage d'immortalité. Ce breuvage, vous le trouvez dans toutes les civilisations. C'est celui qui va permettre à l'homme de passer de la vie physique à la vie spirituelle. C'est très exactement l'équivalent de " l'eau de vie " dont parle le Christ à la Samaritaine et qui, transformée en vin lors des noces de Cana, deviendra ensuite le sang du Christ.

Coridwen est chargée de faire une mixture de six plantes, qui sont traditionnelles, et cette mixture porte le nom étonnant, en vieux celtique, de gréal. C'est l'origine du mot Graal. Cette mixture est réservée aux initiés puisque c'est la liqueur d'immortalité.

suite...


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Ptite Pe
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Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:26

II y a une petite histoire très amusante. Elle charge le nain Guyon de surveiller le fourneau quelque peu alchimique sur lequel elle prépare sa mixture. Pendant son absence, le nain Guyon, qui a reçu interdiction de goûter au breuvage, fait tomber sur sa main, en le tournant, quelques gouttes de ce breuvage brûlant.

Comme n'importe qui, il se lèche le doigt pour enlever la brûlure. Immédiatement, il a acquis une certaine connaissance. Il a une illumination que lui a procurée ce breuvage et il se rend compte que la déesse va tout savoir et qu'elle va être furieuse. Mais, ayant reçu une certaine connaissance, il a reçu en même temps certains pouvoirs. Et, pour échapper aux recherches de la déesse, il se transforme. La légende raconte quantité de transformations étonnantes où le nain Guyon, par exemple, se transforme en souris, mais la déesse, s'en étant aperçue, se transforme immédiatement en chat et court après la souris. La dernière des transformations est assez significative. Guyon se transforme en grain de blé et se mélange au milieu d'un immense tas de blé avec des milliers d'autres grains, se disant : là, la déesse ne pourra pas me trouver. Celle-ci se transforme elle-même en poule noire - cette couleur est très importante - et elle va dévorer tous les grains y compris celui de Guyon. Neuf mois plus tard, grâce à ce grain de blé, elle enfantera le barde Taliésin.

Ainsi, ce grain de blé permet l'enfantement d'un être supérieur, Taliésin considéré comme un des instructeurs des druides. Ce grain de b1é n'est pas autre chose que la préfiguration du pain, tout comme le breuvage se trouvant dans ce gréal est la préfiguration du vin. Ce chaudron, c'est le vase sacré. I1 y a là un thème commun à toutes les traditions religieuses.

De ce grain de blé, je vais me servir pour passer chez les Grecs. On le retrouve dans les mystères d'Eleusis, qui sont justement liés à de nombreuses histoires de serpents que je n'aurai pas le temps de vous raconter. Les mystères d'Eleusis ont continué pendant les cinq premiers siècles de notre ère malgré l'implantation du christianisme dans tout le bassin méditerranéen. De nombreux pères de l'Eglise y ont fait allusion et c'étaient évidemment des mystères initiatiques. Ces initiations se faisaient en trois temps, comme toutes les initiations classiques. Lorsque l'on arrivait au troisième stade, l'initié recevait, dit-on, en silence, un grain de blé qu'on lui remettait sur la langue et, à ce moment, le grand prêtre prononçait deux mots qui sont restés énigmatiques et qui ont fait couler quantité d'encre depuis 2 500ans. Ces deux mots sont les suivants : Knonx Ompax.

Les linguistes se sont arrachés les cheveux pour savoir à quelles racines raccorder ces deux termes deKnonx Ompax. Je crois qu'il n'y a pas de meilleure solution, pour le moment, que celle qui a été donnée, il y a un siècle et demi, par un certain Degrave qui était conseiller des Flandres sous le Consulat. Il a écrit un ouvrage extraordinaire en trois volumes qui s'intitule La République des Champs-Elysées. I1 essaie d'envisager les origines des grands sanctuaires grecs et de leurs initiations. I1 y voit une origine typiquement occidentale, donc éventuellement celtique, mais peut-être pas exclusivement, car personne encore au monde n'a été capable de nous dire d'où venaient les Celtes. Historiquement parlant, ils viennent bien,1800 ans avant notre ère, de l'Orient. Mais tous les spécialistes s'accordent à reconnaître que les Celtes ne doivent rien à l'Orient. Eh bien, le chancelier Degrave propose l'explication suivante de ces deux mots Knonx Ompax. Il les rattache à des motstrès anciens du vieux flamand : Knonken : connaître, et Ompaken : pouvoir. Autrement dit, ce Knonx Ompax serait l'équivalent de la formule latine : " Qui potest capere capiat "(Que celui qui peut comprendre comprenne) dont nous avons un merveilleux exemple dans les Evangiles : "Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. " Autrement dit, celui qui a la possibilité d'avoir le Graal.

Revenons au serpent. A propos de la Grèce, je pense qu'il faudrait souligner l'importance du serpent, d'abord dans le mythe de Dionysos qui serait né de Jupiter et d'une mortelle. I1 se trouve que, pour cet accouplement, selon la mythologie grecque, Jupiter a pris la forme d'un serpent - Ah ! voilà quelque chose d'assez ahurissant et qui nous introduit dans une autre dimension que celle des Celtes. (Peut-être parce que nous n'avons pas, pour les Celtes, de textes suffisamment explicites.)

Le corps de Dionysos sera déchiqueté par 1es Titans et il renaîtra dans un deuxième Dionysos qui, pour le distinguer du premier, prendra le nom de Zagreus et l'essentiel des initiations dionysiaques tournera autour du serpent. Lors des initiations, on fera passer des couleuvres le long du corps de celui qui était initié (entre sa tunique et son corps) et une certaine phrase était prononcée. Cet attouchement matériel d'un serpent à l'occasion d'une initiation ne peut que nous confirmer dans l'idée que, chez les Grecs, là encore, le serpent avait un caractère d'instructeur.

Autre caractère d'instructeur chez 1es Grecs : Athéna, la déesse devenue Minerve qui est l'incarnation même de la sagesse puisque, selon la mythologie, elle est sortie toute armée du crâne de son père Zeus à la suite d'un coup de double hache magique donné par Héphâistos, le dieu forgeron. Athéna, la sagesse, a pour attribut essentiel la chouette, l'oiseau qui voit dans la nuit et qui est un symbole d'initiation. Athéna est la vierge par excellence et c'est la raison pour laquelle le Parthénon - Parthenos : vierge - sera son temple particulier.

Un deuxième attribut d'Athéna est le serpent et nous en avons un indice parla plus célèbre des statues faite par Phidias qui a mis un très beau serpent, lové à ses pieds. Il y a d'ailleurs, à ce sujet quantité de légendes dans la mythologie grecque. Lune d'elles me revient à l'esprit. Des prêtres avaient parjuré, et une punition leur est apportée par des serpents qui sont sortis de l’océan. Chez les Grecs Okéanos est le père des choses. I1 est la source de la vie. C'est de l'océan qu'est née la vie selon le mythe de la naissance de Vénus. Donc, nous retrouvons l'idée de vie. Et, ces serpents qui sortent de l'océan viennent punir. Ils sont donc apparemment mauvais, mais dans un but bien précis, ils viennent punir ces prêtres infidèles et ensuite ils viennent se lover tranquillement aux pieds de la déesse Athéna, la sagesse.

Il y a une autre énigme. Athéna a pour attribut ce que l'on appelle son égide, ce qui signifie une protection. Cet égide a quantité d'acceptions très diverses qui sont peut-être complémentaires. Selon les uns, il s’agit de la peau de la chèvre Amalthée, celle qui a allaité Zeus dans son enfance. Mais cette peau de chèvre (une chèvre n’a que quatre pattes et une tête est représentée avec l’apparence de huit serpents. C est une transposition de cette peau de chèvre. L’égide est également autre chose. Persée, un des grands héros de la mythologie grecque, est allé dans les îles Hespérides, les îles du couchant, les îles des Champs-Elysées, c'est-à-dire le séjour des bienheureux, pour tuer la gorgone Méduse et rapporter sa tête à Athéna. C'est la tête de la gorgone Méduse qui se trouve sur la poitrine d'Athéna.

Cette gorgone se retrouve figurée des centaines de fois dans quantité de monuments, non seulement en Grèce, non seulement en Occident, mais dans le monde entier. Et notamment en Amérique précolombienne, avec une particularité : cette gorgone tire la langue. Vous vous souvenez du célèbre zodiaque mexicain qui était sur les affiches, il y a quelques années, à l'occasion des grandes expositions qui ont eu lieu à Paris. Tirer la langue, c'est encore une fois le Verbe, c'est la vibration, c'est la vie.

Cette gorgone est donc très importante, mais c'est en même temps autre chose. Huit parties, pourquoi ? Parce que c'est aussi le poulpe. Le poulpe est un animal marin. Y a-t-il lieu de faire un rapprochement zoologique avec le serpent ? Un poulpe n'est pas plus agréable à sentir sur soi avec ses ventouses qu'un serpent. J'en ai fait moi-même l'expérience un jour en me baignant. Eh bien, ce poulpe, qui peut atteindre une très grande dimension a été considéré par tous les peuples d'Occident et d'Amérique précolombienne comme un symbole extraordinaire. On en trouve des centaines d'exemples, notamment sur des vases sacrés à Vicenne, chez les Crêtois, à Troie, chez 1es Celtes, au Pérou, chez les Mayas : on en trouve partout.

Mais le poulpe a cette particularité d'avoir huit tentacules et un corps central. Cela nous fait déboucher, à travers cet aspect des serpents qui se trouvent sur la poitrine de la Sagesse incarnée, sur le symbolisme des nombres. Le nombre huit est considéré, dans presque toutes les traditions, comme le nombre de la mort initiatique, du passage du monde manifesté du 4+3=7 (les sept jours de la semaine, les sept jours de la création, etc.) vers le nombre neuf qui est l'unité triple multipliée par elle-même - c'est-à-dire la connaissance de Dieu.

Or, comment connaît-on Dieu ? On revient là à la tradition chrétienne. Reprenons les Evangiles. " Nul n'atteindra au Père que par moi ", dit le Christ en substance. Donc, il faut passer par le Christ qui est le Verbe. Or, vous savez très bien que ce nombre huit est considéré comme le nombre christique. D'ailleurs, l’analyse numérologique du nom de Jésus par l'addition de la valeur numérale des lettres grecques correspondantes, puisque les Grecs utilisaient leurs lettres pour compter, donne 888, ce qui est assez extraordinaire.

Je reviens au serpent chez les Grecs à travers une autre notion dont je vais me servir pour conclure. Ce serpent, jusqu’à présent nous apparaît comme un instructeur. Il y a aussi chez les Grecs l'idée d’un serpent mauvais, d'un serpent qu'il faut détruire. C'est notamment le serpent Python qui me paraît devoir être rapproché du serpent Typhon. C'est pratiquement le même mot ; il y a juste une inversion de deux lettres. Ce serpent Python va être, justement, terrassé par le dieu solaire Apollon, Apollon qui se trouve plus spécialement implanté dans le sanctuaire de Delphes, d’où l’expression d'Apollon delphien. Dès lors, le serpent, à travers ce qui se passe à Delphes, nous apparaît non plus comme un serpent instructeur, mais comme un serpent rédempteur, préfiguration d'autres notions que nous connaissons bien.

Ne faut-il pas alors faire un rapprochement ? Si le serpent est l'être le plus fruste, semble-t-il, puisqu'il n'a ni pattes, ni plumes, ni écailles, ni ceci, ni cela, par rapport à tous les autres vertébrés, les dauphins semblent avoir des particularités exceptionnelles. Sur le plan des perceptions, ils se placeraient au sommet d'une certaine échelle qui, sur 1e plan des valeurs symboliques, pourrait être considérée.

Or, le nom de Delphes vient justement du dauphin. Le dauphin, c'est l'attribut essentiel du dieu grec Poséïdon, avec son trident. Poséïdon est le deuxième personnage de la triade hellénique : Zeus, Poséïdon, Hadès. Poséïdon est non seulement le dieu de la mer, comme le Neptune latin, mais l'ébranleur de la Terre. Il a pour parèdre, donc pour équivalent féminin symbolique, Déméter, à la tête couronnée de serpents. Poséidon a le dauphin comme attribut.

Or, Pausanias nous dit que Delphes a été, notamment, dédié à Poséïdon avant de l'être à Apollon. Je me demande s'il n'y a pas, dans l'idée d'Apollon qui se débarrasse du serpent Python pour ensuite voir apparaître le dauphin, une sorte d'idée d'évolution cyclique. Car ce dauphin sera justement qualifié dans l'Antiquité comme sauveur des hommes. Les premiers chrétiens utiliseront le dauphin sur la croix pour représenter le Christ. Ne faut-il pas, dès lors, faire une assimilation - bien entendu exclusivement symbolique et non pas zoologique - entre le serpent et le dauphin ? Nous passons de l'instructeur au rédempteur. L'instructeur était Hermès, avec ses deux serpents qui, vous le savez, sont très souvent représentés comme un seul serpent à deux têtes. Il n'y a pas deux queues, il n'y a pas de queue du tout, dans la plupart des figurations. (Encore que l'on en connaisse plusieurs sortes.) Et ces deux serpents entrelacés qui, chose curieuse, dans le caducée, comportent trois loves (trois, pas quatre, ni deux, c'est très important) représentent, en quelque sorte, avec l'axe médian, tout ce que la sagesse des pères de l'Eglise inclura dans la personne du Christ lui-même, deuxième personne de la Trinité. Ces deux serpents et 1'axe central forment un ensemble, l'ensemble de quelqu'un qui pour les Grecs était l'instructeur. Et qui donc, pour les chrétiens, est l'instructeur ? - sinon le Christ. Il aurait fallu faire aussi un rapprochement avec cette autre forme de serpent qu'est le dragon : le dragon qui garde les pommes d'or du jardin des Hespérides, celui qui garde la toison d'or, etc. Dragon qu'il s'agit de dompter, car il est le gardien des trésors. Et ces trésors, eh bien, je crois que, tous ensemble, nous essayons de les découvrir et, peut-être, nous en apprendrons un plus, un peu plus tard.

Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 0:33

Tite Perle :

A propos de la mue du serpent:
c'est pour moi le symbole d'une renaissance, d'une métamorphose.
La peau se durcit, entre encore plus dans la matérialité, meurt....pour donner naissance à une nouvelle peau.

Succession de morts et de naissances comme pour une tite graine qui jusqu'à sa complète réalisation, perd toujours quelque chose pour que du nouveau puisse être et ce, en donnant naissance à chaque fois à quelque chose de plus beau, de plus parfait....

Mort/Naissance....éternel retour....la Nature en témoigne...
le cercle est fermé....notion d'éternité...



Le partage de Chantaloup à propos de cette mue, nous indique aussi que le serpent fourni un effort pour que cette mue ait lieu,
quoique.... qui sait??? Il perçoit peut-être que le temps est venu ...alors il se met au service de ce qui doit avoir lieu.... (une idée comme cela....) En tout cas ....il y participe...

Pour nous ce travail ne se fait pas à l'extérieur, ce n'est qu'à l'intérieur de nous que nous pourrons participer à cette métamorphose...on doit se dévêtir de tout ce qui est venu nous alourdir (nos héritages depuis la Chute, nos croyances, nos peurs, .....) Et pour pouvoir vivre cela, c'est souvent en traversant des épreuves difficiles, où le coeur pèse...se brise....dans doute pour s'être durcit et ne pas avoir su rester dans l'Amour...Et pour rentrer en nous c'est vrai que la porte est étroite...comme un ti trou entre deux rochers.... c'est souvent une faille.....

Un Extrait des Oraisons du Serpent



A propos de la main gauche:

En accueillant en savoir la symbolique de la main gauche, je suis assez en accord avec ce qui a été offert
Le personnage semble fort, sûr de lui en faisant ce qu'il fait avec le serpent. Il n'en a pas peur. Il sent (intelligence intuitive) qu'il peut vivre cela, alors il le vit avec beaucoup de confiance, d'assurance.

Cela me rappelle ma rencontre avec ce serpent (dont je vous ai déjà parlé), j'ai d'abord été présente, dans l'observation, l'écoute puis j'ai vu ce serpent s'allonger sur le rebord du chemin m'invitant ainsi à passer à côté de lui? alors j'ai accueilli intuitivement son message et j'ai agi....je suis passée tout à côté, confiante en la nécessité de mon geste à travers ce temps offert pour mon Chemin. C'est vrai qu'après je n'étais plus la même....et je n'oublierai jamais cet instant magique et ce que j'ai appris ce jour là m'est énormément utile encore.

A propos du reste:

Chantaloup: Hors pour être NU il faut être UN .L'inversion des lettres nous montre également une certaine énergie renversée, transformée

Chute ...... NU
Retour ........ UN
Génialllllllllllllllll !!!!!!

Tite Perle s'émerveille toujours devant une telle magie des mots....
Elle a tout plein de ressentis en elle à chaque fois, mais tite perle n'a pas encore assez travaillée dans la tête pour traduire tout cela en mots

Ce que j'aime surtout c'est que ce n'est que métamorphose, cela nous invite à voir ô combien il y a métamorphose et non séparation entre le bien et le mal. Les deux sont nécessaires pour que les choses soient....
(J'aime ce qui est écrit dans les pages 28/29 des oraisons du serpent
http://www.morgane.org/oraisons-serpent.pdf

A travers cela, le serpent est surtout pour moi le symbole de tout ce qui conduit à l'Unité, à la réalisation Ultime....

Et ce retour n'est possible à mes yeux, que si on vit en conscience chaque acte posé, si on est ouvert à ce qui est offert, ouvert comme un Coeur Aimant l'est, si on accepte que nous soient offerts des temps où l'on se trouve face à ce qui nous encombre, face à ce qui doit mourir après avoir offert ce qui devait être offert, si dans notre coeur vit toujours notre désir de LUI, notre désir de le servir pour qu'IL s'accomplisse, etcccccccc

Pour moi l'éléphant c'est être dans l'Ecoute
et le serpent c'est permettre que l'alchimie soit, pour une nouvelle naissance.

Je voudrais aussi partager ma tite découverte,
à travers ma lecture des Oraisons du Serpent, j'ai découvert le lien avec la neuvième lettre Thet (page 36)
on y lit par exemple ceci:

"Si donc, le Thet est le symbole d’une perfection atteinte, il introduit aussi inexorablement la nécessité d’une destruction pour atteindre à une plus grande perfection encore."

maintenant un ti regard ici
http://www.la-crypte.com/Tarot/9.htm

encore le chiffre 9....
alors Tite Perle s'est demandé si....

et bien oui ....comme par hasard le serpent au sein de notre étude est le 9e degré des petits mystères...

Alors faire un ti tour dans la symbolique de ce chiffre.....
voici ma cueillette:
Le 9 est le chiffre de la germination. Sa forme stylisée est celle du germe foetus. Vous avez aussi remarqué, qu'identiquement au 6, le 9 est une spirale dextrogyre, s'identifiant lui aussi aux attributs du 6. L'alternativité du 9 et du 6 s'exprime dans le 69 = VERBE ou 96 = LUMIERE.
Il est curieux que le neuf, qui est à la fin de la série des chiffres, soit en fait le germe, le début. Mais là aussi, le hasard n'a pas de place. Il a été dit que le commencement naît de la fin et le neuf en est l'exemple. Effectivement, la fin est toujours le début d'un autre cycle, à l'exemple des chiffres dans le système numéral décimal. Du 9 solitaire naît deux chiffres 10, c'est à dire le 1 qui a reçu une nouvelle germination, un état "neuf" ou n' "ouf" par le 0 qui lui est associé.
Mais là aussi : NEUF = 46 = AIMER. Oui, être "neuf", c'est repartir à zéro pour une nouvelle énumération de valeurs et ces valeurs ne peuvent qu'être celle du coeur.

Tite Perle aime ce genre de "hasard" ......


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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 17:07

Tite Perle :

Des "supports" qui "aident" à la remontée....à chacun ses propres ressentis...ses propres voyages à travers cela....







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Ptite Pe
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prof Re: Le 16e degré - le Serpent -

Message par Ptite Pe le Jeu 9 Mar - 17:22

Fleur de Lys :



Extraits des ORAISONS DU SERPENT

1Dieu toujours en érection symbolisant les forces de la nature. Priape et le serpent sont parfois représentés ensemble, comme nous pouvons l'admirer sur la statue du dieu "Priape au serpent" exposée au Musée d'archéologie de Vérone. Les termes demandant plus de développements
sont expliqués à la fin du présent texte dans les "Liminaires Considérations".

Les Oraisons du Serpent

1- SON SYMBOLE
"Pourquoi t'es-tu attiré Dans le paradis du vieux serpent ? Pourquoi t'es-tu glissé Dans toi-ême, dans toi-même ?"
Nietzsche, Ecce Homo, p. 269.

Le symbolisme du serpent est très ancien et a toujours été associé à l'idée de la Mort et de la Vie mais également à la notion d'Éternité -car il peut changer de peau régulièrement retrouvant ainsi l'apparence de la jeunesse. Pour les Anciens, cette mue représente le principe de l'éternel retour, du passage permanent de la vie à la mort et vice-versa. Ainsi, de la mort sort la vie comme la désagrégation d'une graine dans le sol annonce la venue d'une vie nouvelle.

Au niveau individuel, l'homme se doit de réaliser le renouveau du monde et de vaincre la mort et il personnifiera alors "la force créatrice de l'univers qui, se couvant elle-même dans l'introversion,
serpent enlaçant son propre oeuf, menace la vie de sa morsure empoisonnée pour la conduire à la mort et se réenfanter elle-même de cette nuit, en se surmontant"2.

Déjà Philon nous dit du serpent qu'il est, de tous les animaux, le plus spirituel, sa nature étant du feu, sa vie longue et qu'en même temps de sa peau, il se dépouille de sa vieillesse.

Son venin provoque le passage de la vie à la mort, mais, utilisé à de faibles doses, il avait aussi la réputation d'être un remède3. Le serpent était également souvent associé aux forces secrètes de la
terre d'où il surgissait et aux énergies sexuelles car, "le Serpent est phallique par sa forme. Caché, lové dans les anfractuosités de la terre, on le voit s'élancer soudain. Il est mythiquement le fils de la Terre, le dynamisme mâle engendré par la Grande Femelle"4.

Et écoutons pour finir Annick de Souzenelle (Le Féminin de l'Être) : "Interdire la relation érotique et l'identifier au mal, de la part des “ autorités ” religieuses - car tel est le mode relationnel de l'Église occidentale -, était confondre la spiritualité avec la religiosité et identifier la mystique au mal. Limiter les relations dites amoureuses aux besoins de la procréation et en éradiquer la jouissance était couper l'être de son orient, donc de lui-même, et lui interdire l'Éden, voire le réduire à une fonction animale pour mieux l'asservir. [...]

Il existe une technique des jeux de l'amour comme il y a une technique de la prière, et je n'associe pas fortuitement les deux.

[...] elle implique que l'homme sache reconnaître l'UNIQUE au milieu de la multitude, sa femme-soeur qui, devenant épouse, sera une; elle implique la réciprocité de la femme et, sans faiblesse, sa miséricorde."

"Je suis Toi et Tu es Moi
Là où Tu es, Je suis.
Et d'où que Tu le désires
Tu Me rassembles
Mais en Me rassemblant
Tu Te rassembles Toi-même".

L'Évangile d'Ève


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Ptite Pe
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